Originaire du Lauragais et des forêts de la Montagne Noire, en pays Cathare, entre le Carcasses et l’Albigeois, très tôt en rupture, je pars, je me sauve. J’ai toujours préféré apprendre à penser à partir de ma propre expérience en privilégiant la curiosité et les rencontres.
Premiers pas d’autodidacte comme ouvrier agricole. Première rencontre avec un cinéma politique et critique avec Jean Louis Le Tacon et son film Cochon qui s’en dédit. Puis l’Afrique, Les Comores, où je développe avec le PNUD et les femmes de plusieurs villages, un projet de coopérative maraîchère. Engagement humanitaire, découverte du déséquilibre des rapports Nord Sud, le colonialisme, la déraison du mimétisme, Bob Dénard.
A mon retour, la musique, le pouvoir du son, du rythme, de la danse. Pendant plus de 10 ans, concerts, festivals et scènes alternatives me font sillonner avec bonheur les routes d’Europe. Le théâtre s’invite. Le jeu pour apprendre à parler, à penser, à choisir les mots. Goût pour la langue, l’écriture, le sens dérobé, le travail formel de mise en scène. Une pratique d’interprète avec Yoshi Oïda, Françoise Bette, Anatoli Vassiliev, Pascale Nandillon, Jean Michel Rabeux, René Loyon, Alexandre Dell Perrugia, Daniel Girard, Alain Françon. Au cinéma, avec Lucas Belvaux, Vincent Garenq, Eléanor Coppola. Expériences complétées par la direction d’ateliers sur le jeu au service de l’écriture et la direction d’acteur au cinéma.
Et parallèlement l’écriture, pas à pas. Un pied dans la fiction avec l’atelier scénario de La Fémis, les travaux menés par le Groupe Ouest, l’autre dans le documentaire de création à Ardèche Image.
Mon travail part de l’exigence du texte, du travail de l’acteur, de la mise en scène. Dans une recherche de nouvelles formes narratives, non pas du seul point de vue de l’individualité œdipienne, toute puissante du héros, mais à partir de personnages confrontés à une situation, à un contexte, intimement dépendants des circonstances qu’ils traversent. Situations destinées à produire une dramaturgie qui interroge notre rapport au monde, ouvre nos imaginaires, explore d’autres manières d’être comme fabrique possible de sens. Dans une relation sensuelle au monde, à l’autre. Essayer de faire un cinéma qui n’explique pas tout, qui produit du désir, remet nos appétits à l’endroit, nous permet de penser ensemble.
J'essaie dans ma pratique de croiser les points de vue et les perspectives, de relier la transversalité des disciplines : auteur, metteur en scène, comédien, cadreur, monteur. Je suis par ailleurs membre de collectifs et d’associations de cinéastes engagés dans les enjeux professionnels liés au cinéma.
