court métrage fiction
en recherche de production

genre : western
durée : 20 mn
thèmes : violence, transmission, traumatisme

  • Un samedi soir pluvieux de septembre dans un relais routier perdu au cœur d’une forêt d’Auvergne, Valentin patron d’une petite scierie rencontre Hector, un jeune garçon à la dérive, turbulent et agressif. Il décide de le prendre sous son aile.
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  • Alors qu’ils font connaissance dans la cohue joyeuse et bruyante de cette fin de semaine, un vieil homme, petit, regard fatigué, gris, usé par l’alcool, erre de table en table pour soutirer un coup de plus à boire. Quand il s’arrête face à un groupe de jeunes bucherons slovaques, la réponse est cinglante, humiliante, cruelle. Toute la salle rit aux dépens du vieil homme. Valentin se lève, défie seul les six jeunes bucherons surexcités. S'il a des raisons personnelles de désamorcer la violence aveugle portée à son comble et de prendre la défense de cette épave alcoolique qui s’agite dans une marre de bière, ce n’est pas par compassion…

intentions

A l’heure où les conflits sont toujours plus escamotés, euphémisés, le western comme genre cinématographique est peut-être la forme la plus juste pour questionner la représentation de la violence, en même temps qu’un difficile exercice de style.

Je souhaite interroger, au-delà même de la figure du personnage de fiction, les phénomènes et les formes de violences et voir comment elles nous traversent. Ce n’est pas la monstruosité des personnages ou leur vertu qui m’intéresse, mais leur humanité, leurs contradictions, leurs trajectoires existentielles, la mise en scène par la violence de leur histoire cachée. Il s’agit ici de transmission, de traumatisme, des ressorts qui permettent d’éclairer une forme de résilience à la violence, une alternative à la transmission du traumatisme vécu.

Qu’est ce qui fait qu’on bascule dans l'abus de pouvoir et la cruauté ordinaire, qu’on choisit de risquer son intégrité physique et morale pour sauver un étranger ? Comment devient-on un héros au quotidien ? Qu’en est-il de l'animalité du bourreau qui sommeille en nous ? 

Je veux mettre en jeu le spectacle de la violence, l’effet de sidération des images et les conséquences les moins spectaculaires de cette violence. Je pense que ses effets les plus durables, les plus ancrés dans leur forme nous en disent plus que les violences les plus frappantes. D’ailleurs, la violence comme spectacle ne nous touche plus. La télévision nous en abreuve quotidiennement. Violence d’images de guerres, de tsunamis, d’attentats et autres bons usages de la torture justifiés par nos démocraties... Nous sommes saturés. Jusqu’à ne plus voir la violence de la situation de ceux qui meurent sous nos yeux, sur nos trottoirs, au cœur de nos villes. 

Quel est notre rapport à la violence, quel est notre seuil d’acceptabilité ? 
Comment poser les limites de nos rapports de force ?
Comment chacun fait-il de la place à l’autre sans stériliser les échanges ?

A la moindre inflexion, au moindre mot plus engagé qu’à l’ordinaire, nous sommes condamnés, accusés d’être agressifs, négatifs, coléreux, indignes de prendre la parole, idéologues, là où jadis l’échange et la controverse étaient simplement acceptés.
Nous sommes devenus des sujets de la modernité très méfiants, hyper sensibles, hyper chatouilleux au moindre éclat de parole, au moindre comportement présentant une violence ordinaire, pourtant sourds et aveugles à la violence systémique, mais toujours prompts à nous réfugier dans le discours policé de l'extrême centre.