vidéo
2015

durée : intégrée au spectacle (extraits)
format : 16/9 - couleur - HD

  • Claudine Galea reconstitue à partir de photographies de Catherine Salvini, comédienne, un parcours de vie imaginé, transposé.
    Celle d’une autre aussi bien, inventée devant elle, avec elle.
  • Cette reconstitution est un poème. Ce poème est aussi un chant. Les images pourraient être un film.
     
  • Mais il s’agit de théâtre. La parole y est adressée, elle est faite de multiples voix. De celles qui nous construisent : il y a la voix qui raconte, celle qui désire, celle de la mémoire, la voix de l’aimé, celles des rencontres, celles des enfants, de la mère, de la grand-mère... Autant de voix nous questionnant sur ce que nous faisons de nos vies, de ce que nous y trouvons, entre les aspirations que l’on avait, les réalisations accomplies et ce qu’il en reste, ou pas. 

j'étais seule ils étaient partis au travail à l'école. 
j'ai pris la boite sur la dernière étagère tout en haut de la bibliothèque
et j'ai ouvert la boite.
tu voudrais simplement quelque chose que tu n'as pas
                                                  les draps sont froissés par la nuit, tu les froisses davantage

                                                tu veux les tournesols plus jaunes
la pluie, plus seule
                                                  les tables plus abandonnées

tu veux tout et son contraire, ​la terre plus noire, ton cœur plus brûlant 
alors tu t'en vas

La question du temps - l'image

  • Le dispositif de la création vidéo s'est imposé en complémentarité avec les images, les photos qui ont permis l’écriture du texte, jouant des mêmes problématiques vie/mort, passé/présent, pour rendre compte scéniquement de la question du temps.

On peut faire un parallèle, éclairer cette question du rapport Temps/Images avec Roland Barthes, dans la « Chambre Claire »

  • « la photographie répète mécaniquement ce qui ne pourra jamais plus se répéter existentiellement »
  • « La photographie est périssable (comme du papier) Elle naît comme tout organisme vivant à même les grains d’argent qui germent, s’épanouit puis vieillit ». 

Il parle à propos des photographies de paysage qu’elles relèvent « d’une sorte de voyance qui semble me porter en avant, vers un temps utopique, ou me reporter en arrière, je ne sais où de moi-même (...) tout se passe comme si j’étais sûr d’y avoir été ou sûr de devoir y aller. Or Freud dit du corps maternel qu’« il n’est point d’autre lieu dont on puisse dire avec autant de certitude qu’on y a déjà été ». 

C’est encore un conte initiatique : une protagoniste cherche à comprendre le monde, elle voyage et en fait le tour, elle connait l’autre et l’amour, est tentée par la déconstruction et la fuite (folie, mort), reprend le cours de sa vie et accepte de traverser la “Nuit d’en face”.

texte original
Claudine Galéa

avec
Catherine Salvini

mise en scène
Brigitte Barilley

  • photos : Catherine Salvini
  • collaboration artistique : Bernard Favreau
  • assistanat : France Ducateau
  • son : Isabelle Surel  

Production
Cie les travaux et les jours