genre : le pied dans une bouse de vache
thèmes : individuation, lien avec le vivant, subjectivation
durée : 100 min.
format : long métrage fiction

Aujourd’hui en Haute Loire, dans une petite ferme de moyenne montagne au bord de la faillite, Olivier 40 ans, le regard vide, hors de lui, tue deux de ses vaches. Incapable d’assumer ses obligations, piégé, il se laisse convaincre de vendre la ferme.

Alors qu’il fuit, il va devoir choisir son chemin : le monde existe, il est là, vivant et complexe. Olivier en lutte, fait l'expérience de son lien à la nature sauvage, à lui-même, à l'autre, au commun et se faisant, réactive le germe d'un chemin libre et singulier…

note d'intention

L’idée du film part d’un constat. La difficulté, sinon l’incapacité que nous avons de résister, de choisir, effrayés de devoir nous dévoiler, de porter un regard critique sur le monde et sur nous-mêmes. Comment dépasser ce syndrome d’impuissance, comment résoudre la difficulté que nous avons de relier le sens et nos actes ? 

Avec l’histoire d’Olivier, j’ai voulu raconter l’histoire d’un homme en situation d’urgence, acculé au burn-out. Un homme passif ordinaire, sans caractère ni individualité, qui courbe l’échine et qui pour survivre, s’enferme sans le moindre regard critique dans une logique économique qui le mène à sa perte. 

Olivier est un simple paysan. Sa condition n’a rien d’exotique. Comme nous tous, il n’a plus de temps pour penser, n’est plus capable de sentir, d’aimer. Il a cessé de se poser la question du sens de ses actes. Comme si ses valeurs essentielles, humaines, étaient aujourd’hui périmées. Comme si son lien avec la vie était devenu impraticable. Il est devenu un être remplaçable, jetable. 

Nous est-il encore permis de nourrir un autre imaginaire ? Est-il seulement possible aujourd’hui de mettre à l’épreuve sa responsabilité intime face à la normalisation et l’injonction économique ?

Mon ambition est de filmer son parcours intérieur, de donner une forme à sa solitude, au déracinement de son âme. Il s’agit d’être avec lui, à sa hauteur et essayer de raconter à travers son histoire, celle de tous ceux qui aujourd’hui n’ont plus leur place, qui vivent dans des lieux qui n’existent plus et qui trouvent malgré tout la force de dépasser leur effacement programmé.

Je m’inscris dans la tradition d’un cinéma de résistance. Il s'agit pour moi de faire un cinéma de l’après, du relèvement, qui remet le désir à l'endroit, un cinéma sur l’expérience de la conquête de soi... face à la violence, la puissance et l’avidité de l'injonction libérale et de son ordre moral.

Pour interroger les effets de notre société sur l’Homme aujourd’hui narcissique, timoré, fasciné par l’image qu’il a de lui-même, dépossédé de toute exigence critique, soumis à l’idéologie de l’évaluation, privé de sa singularité ou plus précisément de son « irremplaçabilité ».

en développement
  • auteur : Gilles Trinques

production : recherche en cours
avec le soutien de : Aide à la réécriture du CNC

sélections & diffusions

festivals :
  • : LA SELECTION - Talents 2016 - Fondation GAN pour le cinéma - Groupe Ouest

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